1 - VIVRE À SINGAPOUR 1988-1989

Publié le par Sandrine Arlaud

Singapour en 1988

Quand l’homme avec qui je vis depuis quelques mois me propose en janvier 1988 de le suivre à Singapour, il me faut faire des choix. Rester ou partir. Travailler ou voyager. Entraîner ma fille dans l’aventure ou pas. Rester célibataire ou me marier.

Pour les trois premiers, c’est sans hésiter partir et voyager avec ma fille. Le quatrième choix est le prix à payer. À Singapour, une femme ne vit pas avec un homme sans être mariée. Je décide de payer : en août 1988, je renonce au nom que j’ai moi-même choisi à l’âge de quinze ans au Tribunal des Mineurs de Nice. C’est un prix exorbitant : un nom qui n’est pas le mien est apposé sur mon passeport.

Pour le reste, je mets à profit mon dernier été en France. Prendre un mois de vacances sous le soleil de la Côte d’Azur. Refuser un travail à la SNCF.

- Un travail à la SNCF, tu es folle, ça ne se refuse pas !

 Partir en voyage d’étude à Florence en Italie, dans le cadre de mes études d’Art, Communication, Langage à la Faculté de Nice.

- Et ta licence l’année prochaine, tu laisses tomber ?

- Plus tard, la vie m’attend.

Singapour. Rien que le nom, déjà, me transporte vers des lointains asiatiques, aux senteurs enivrantes, aux mœurs mystérieuses, aux nourritures inédites, aux moussons crépitantes. Ce sera cela, bien sûr. Mais aussi bien autre chose.

SINGAPOUR EN 1988, C’EST QUOI ?

Singapour en 1988

Singapour fait d’abord partie de l’Empire britannique en 1867. En 1959, les Britanniques dotent Singapour d’une Constitution propre et Lee Kuan Yew est élu Premier ministre, celui-là même qui est au pouvoir lorsque j’arrive à Singapour en 1988. En 1963, Singapour intègre la Fédération des États de Malaisie. Le 9 août 1965, l’indépendance de la République est proclamée.

Une Île-État-Ville au large du sud de la Malaisie. Un climat équatorial, chaud et orageux tout au long de l’année. 63 îles, 724 km2 en tout, dont la principale, Pulau Ujong (585km2) est déjà très densément urbanisée en 1988. Sa végétation luxuriante, même en centre-ville, a valu à Singapour son surnom de ville-jardin.

Population en 1988 : 2,846 millions. Une population multiculturelle : chinois majoritaires, malais, indiens, et expatriés venus du monde entier.

Langues parlées : anglais, malais, mandarin, tamoul. L’usage de l’anglais est la langue commune utilisée par les communautés entre elles, et les échanges extérieurs.

Religions : bouddhisme, islam, christianisme, taoïsme, hindouisme cohabitent pacifiquement au sein d’un État laïque. Toutes ayant leurs temples, leurs mosquées et leurs églises. Toutes présentes sur le calendrier, toutes fêtées nationalement. Ainsi se rythme le temps de Singapour.

Gestion de l’eau : alors que Singapour est entouré d’eau et qu’il pleut quotidiennement, c’est un pays en stress hydrique. Sa Politique pour de l’eau pour tous s’effectue par divers procédés : captation des eaux de pluie, recyclage et purification des eaux usées, désalinisation de l’eau de mer, eau acheminée par pompage de réservoirs et rivières en Malaisie. Objectif : l’autosuffisance à l’horizon de 2060.

État des lieux en 1988 : le régime de Lee Kuan Yew (prononcer Li Kouan You) se caractérise par l’un des taux de peine de mort les plus élevés au monde et par l’usage généralisé de la détention administrative, illimitée et sans jugement, infligée tant aux délinquants qu’aux opposants politiques.

Déjà en 1988, Singapour est un centre financier et maritime développé sur la base du commerce extérieur. La qualité de vie y est très élevée en termes de liberté économique, d’éducation, de santé, de sécurité et de logement. Pas de crime. Pas de corruption. Un programme de contrôle de natalité, Deux, c’est assez, est suivi avec succès depuis 1975.

Du côté culturel, une censure radicale. Les films qui entrent à Singapour sont systématiquement coupés des scènes de sexe et de violence. De même pour le spectacle de rue, le théâtre, les concerts. Les livres qui ne remplissent pas les bons critères sont interdits.

SINGAPOUR AUJOURD’HUI ? UN DRAGON.

 

En 2015, la population de Singapour s’élève à 5,535 millions, ce qui en fait, après Monaco, la densité de population la plus élevée du monde. Le résultat de la politique nataliste des deux enfants par foyer fait que Singapour en 2015 a l’un des plus faibles taux de fécondité au monde. Mais aussi une longue espérance de vie et un taux de mortalité infantile très bas.

Aujourd’hui, en 2021, Singapour est la ville la plus chère à vivre au monde et un paradis fiscal. En 50 ans, la Cité-État est passée du statut de pays du tiers monde à celui de ville mondiale dont le niveau de modernité est comparable à celui des grands pays industrialisés. Son développement économique et son aménagement urbain offrent aux citoyens un environnement durable de qualité. C’est le troisième pays au monde après le Qatar et le Luxembourg en termes de PIB ; une plaque tournante commerciale et financière entre la zone Pacifique et l’Europe ; le deuxième port mondial après Shanghai ; la quatrième place financière au monde. En 2009, Singapour affichait la plus forte concentration de millionnaires rapportés à la population totale devant Hong Kong, la Suisse, le Qatar et le Koweit.

À suivre... 2 - VIVRE À SINGAPOUR 1988-1989

https://sandrinearlaud.over-blog.com/2021/05/vivre-a-singapour-1988-1989-2.html

 

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S
Quelle évolution pour ce pays en si peu de temps. Article très enrichissant, qui donne envie de le connaître mieux. Réviser sa géographie, découvrir de nouveaux aspects culturels .... vivement le prochain épisode :)
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